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Les bases du réseau sous Linux (visualiser son IP avec `ip addr`, tester la connectivité avec `ping`)

Apprenez les commandes réseau de base sous Linux : visualisez votre adresse IP avec `ip addr` et testez la connectivité avec `ping`. Essentiel pour débuter.

Connectivité sous Linux : comprendre et tester votre réseau

Après avoir exploré la gestion des services, il est temps de jeter un oeil aux fondations de la communication sur votre système Linux : la configuration réseau. Que ce soit pour accéder à internet, se connecter à d'autres machines sur un réseau local, ou héberger des services, comprendre les bases du réseau est indispensable. Ce sous-chapitre se concentre sur deux commandes fondamentales : ip addr pour inspecter vos configurations réseau locales, et ping pour tester la joignabilité d'autres hôtes.

Ces outils sont souvent les premiers que l'on utilise pour diagnostiquer des problèmes de connexion ou simplement pour obtenir des informations sur l'état du réseau de sa machine.

Visualiser sa configuration réseau avec `ip addr`

La commande ip addr (ou sa forme abrégée ip a) fait partie de la suite d'outils `iproute2`, qui a largement remplacé les anciennes commandes comme ifconfig pour la configuration réseau sous Linux. Elle permet d'afficher et de manipuler les adresses IP, les interfaces réseau et les tables de routage.

Pour simplement afficher toutes les interfaces réseau et leurs adresses IP configurées, ouvrez un terminal et tapez :

ip addr

Ou, de manière plus concise :

ip a

La sortie peut être un peu verbeuse, mais voici les points clés à repérer pour chaque interface :

  • Nom de l'interface : Généralement quelque chose comme lo (pour loopback, l'interface locale), eth0 ou enpXsY (pour les interfaces Ethernet filaires), wlan0 ou wlpXsY (pour les interfaces Wi-Fi).
  • ou : Des indicateurs sur l'état et les capacités de l'interface. UP signifie que l'interface est active.
  • mtu 1500 : Maximum Transmission Unit, la taille maximale d'un paquet.
  • inet : Suivi de l'adresse IPv4 de l'interface (par exemple, 192.168.1.10/24). Le /24 indique le masque de sous-réseau (ici, 255.255.255.0). C'est généralement cette adresse que vous cherchez pour identifier votre machine sur le réseau local.
  • inet6 : Suivi des adresses IPv6, si configurées.
  • ether : Suivi de l'adresse MAC (l'adresse physique) de l'interface.

Par exemple, pour l'interface loopback (lo), vous verrez souvent une adresse inet 127.0.0.1/8. C'est l'adresse de votre machine pour elle-même, souvent utilisée pour tester des services locaux (comme http://localhost qui résout vers 127.0.0.1).

Pour afficher les informations d'une interface spécifique, par exemple eth0 :

ip addr show eth0

Comprendre la sortie de ip addr est la première étape pour diagnostiquer pourquoi votre machine ne peut pas se connecter à un réseau ou à internet.

Tester la connectivité avec `ping`

Une fois que vous connaissez votre adresse IP et que vous pensez être connecté au réseau, la commande ping est l'outil de base pour vérifier la connectivité avec une autre machine (un autre ordinateur sur votre réseau local, un serveur sur internet, etc.). Elle envoie des petits paquets de données (appelés paquets ICMP Echo Request) à la destination spécifiée et attend une réponse (ICMP Echo Reply).

La syntaxe de base est :

ping [options] destination

La destination peut être une adresse IP ou un nom d'hôte (comme google.com).

Par exemple, pour tester la connectivité avec les serveurs DNS de Google :

ping 8.8.8.8

Ou avec un nom de domaine :

ping google.com

Si la connexion fonctionne, vous verrez une série de lignes indiquant :

  • Le nombre d'octets envoyés et reçus.
  • L'adresse IP de la destination (même si vous avez utilisé un nom d'hôte, ping effectue la résolution DNS).
  • icmp_seq : Un numéro de séquence pour chaque paquet.
  • ttl : Time To Live, une valeur qui diminue à chaque routeur traversé.
  • time : Le temps aller-retour (Round Trip Time ou RTT) en millisecondes. Un temps bas est préférable.

Par défaut, sous Linux, ping continue d'envoyer des paquets indéfiniment. Pour l'arrêter, vous devez appuyer sur Ctrl+C. Une fois arrêté, ping affiche des statistiques : nombre de paquets transmis, reçus, perdus (packet loss), et des statistiques sur les temps de réponse (min/avg/max/mdev).

Pour envoyer un nombre limité de paquets, utilisez l'option -c (count) :

ping -c 4 google.com  # Envoie 4 paquets puis s'arrête

Que faire si ping ne fonctionne pas ?

  • Destination Host Unreachable : Votre machine ne peut pas trouver de route vers la destination. Vérifiez votre configuration IP, votre passerelle par défaut (ip route show), et votre connexion physique.
  • Request timed out ou 100% packet loss : Les paquets sont envoyés, mais aucune réponse n'est reçue. Cela peut être dû à un pare-feu (sur votre machine, sur la destination, ou entre les deux), à un problème de routage plus loin, ou au fait que la machine de destination est éteinte ou ne répond pas aux pings.
  • Name or service not known : Si vous utilisez un nom d'hôte, cela indique un problème de résolution DNS. Votre machine ne parvient pas à traduire le nom d'hôte en adresse IP. Vérifiez votre configuration DNS (souvent dans /etc/resolv.conf ou gérée par NetworkManager/systemd-resolved).

Les commandes ip addr et ping sont des outils de diagnostic de première ligne. Savoir les utiliser et interpréter leur sortie est une compétence essentielle pour tout utilisateur Linux confronté à des questions de connectivité.